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Hippocrates (460-377 AV-JC) est considéré comme le père de la médecine occidentale, pour avoir, le premier, fait reposer les traitements sur des faits d'observation clinique. Puis Aristote (384-323 AV-JC) fût le premier à mener des études biologiques, et a chercher à comprendre l'origine des maladies, et à en déduire des traitements adaptés. Le déclin de l'Empire Romain a provoqué une longue période d'obscurantisme et la perte d'un important savoir médical. Au cours du 12°siècle, la découverte d'anciens textes médicaux dans les bibliothèques des couvents a inauguré une nouvelle ère dans le domaine de la science et de la médecine.

Léonard de Vinci (1452-1519) fût le premier à jeter les bases de la recherche moderne. L'invention d'un microscope rudimentaire, par un amateur hollandais Antoon van Leeuwenhoek (1632-1723) permet pour la première fois de voir des bactéries et autres organismes microscopiques. Il permet à l'anglais Robert Hooke (1635-1703) de décrire dès 1665, les premières cellules. Mais iI faudra attendre plus d'un siècle pour pouvoir en décrire le contenu. L'apparition de microscopes de meilleure qualité permettent un grossissement suffisant aboutit à la formulation de la théorie cellulaire. L'anglais Robert Brown (1773-1858) décrit le noyau des cellules végétales en 1831. Et en 1839, deux biologistes allemands: Matthias Schleiden (1804-1881) et Théodore Schwann (1810-1882) développent une théorie selon laquelle les plantes et les animaux sont composés de cellules contenant toutes une membrane, un noyau et un cytoplasme.

L'allemand Rudolph Wirchow (1821-1902) développe en 1855 sa théorie de la continuité cellulaire par divisions successives, qui stipule que toute cellule provient d'une cellule. Peu de temps après, le physiologiste allemand Johannes Mueller met en rapport les changements d'aspect cellulaires en rapport avec les maladies.

 

PASTEUR, KOCH et la doctrine du monomorphisme bactérien. 

A la fin du 19°siècle, les bactériologistes Robert Koch (1843-1910) et Louis Pasteur (1822-1895) se rendent célèbres pour leurs travaux en microbiologie, et jettent les bases de la doctrine du monomorphisme. Cette doctrine énonce que les bactéries apparaissent sous une forme constante et définie, et ne peuvent pas en changer. Ainsi Koch découvrit que certains bacilles étaient responsables, chez l'animal, de la tuberculose et du choléra, et il fût dès lors généralement admis qu'un type spécifique de bacille était capable de déclencher une maladie précise. Peu de temps plus tard fût découvert de nombreux agents bactériens responsables chacun d'une maladie donnée, travaux révélant la diversité et l'importance du monde bactérien.

A la même époque, le botaniste et naturaliste allemand Julius Cohn (1828-1898) contribua à implanter l'idée du monomorphisme en classifiant les bactéries en groupes et espèces, en fonction de leur morphologie (structure et de leur forme) et de leur caractéristiques biochimiques, comme on le fait en botanique pour les plantes.

Ces personnalités dominant le monde scientifique de leur époque, ont fortement influencé les recherches postérieures en bactériologie. Leur point de vue s'imposa dès lors comme un dogme, énonçant que toute colonie d'une espèce bactérienne ne peut prendre qu'un seul aspect.

Il se trouve qu'à cette époque, ce courant de pensée vint compléter admirablement la théorie médicale du positivisme selon laquelle tout savoir objectif repose sur l'observation sensorielle de phénomènes naturels, et de leurs propriétés, et amenant à la conception intellectuelle que seuls des traitements scientifiquement vérifiables et reproductibles pouvaient être efficaces pour traiter les maladies.

 

LES TRAVAUX DE BECHAMP

Trente ans avant l'instauration de l'idée du monomorphisme, le microbiologiste Antoine Béchamp, docteur en médecine,  en chimie, et en pharmacie, découvrait, à suite de travaux expérimentaux et d'observations minutieuses, que toute cellule animale ou végétale contient de petites particules capables, sous certaines conditions, d'évoluer pour former des bactéries qui continuent à vivre après la mort de la cellule dont elles proviennent.  Béchamp appela ces petits éléments autonomes, les "mycrozomas".

Béchamp et Pasteur qui étaient contemporains, s'opposèrent farouchement pour défendre leurs théories bactériennes devant les milieux scientifiques de l'époque. Pasteur défendait la théorie selon laquelle la cause première de toute maladie infectieuse était des micro-organismes invariables dans leur formeet porvenant de l’extérieur de l’organisme, théorie que Béchamp réfutait. Pour lui, toute matière organique est sujette à des modifications naturelles dus à des processus normaux de fermentation. Ces processus provoquent, dans des conditions pathologiques, le développement des mycrozomas et aboutissent à la formation de bactéries ayant des propriétés de putréfaction et de fermentation. Béchamp voyait à  la maladie une origine interne et s'opposait ainsi aux vues de Pasteur selon lesquelles toutes les maladies étaient causées par des bactéries qui envahissent le corps à partir du milieu extérieur et proviennent de bactéries pré-existantes, le milieu intérieur de tous les organismes vivants étant stérile. Pasteur, qui était chimiste, n'avait pas assez bien compris l'importance capitale du milieu intérieur et de la bonne santé d'un organisme comme élément de résistance à la maladie. Sur son lit de mort, Pasteur aurait reconnu la pertinence des travaux de son rival en énonçant cette célèbre phrase: "Béchamp avait raison, le microbe n'est rien, le terrain est tout".  Dans son livre "Béchamp ou Pasteur ?" E. Douglas Hume décrit et objective admirablement cette lutte.

Malgré les travaux de Béchamp, la grande majorité des microbiologistes du début du 20°siècle furent influencés par les travaux de Pasteur, et la doctrine du monomorphisme microbien est celle qui domine encore actuellement la pensée scientifique de la bactériologie moderne.

 

TISSOT, et le pléomorphisme bactérien.

Cependant, vers la fin du 19° siècle, un certain nombre de chercheurs dont Tissot, F. Hueppe, W. Kruse, Max Gruber, et G. Enderlein, ont combattu le monomorphisme et ont défendu la conception de la variabilité et de l'adaptabilité du monde bactérien aux conditions du milieu intérieur (pléomorphisme). Leur théorie énonce que les micro-organismes peuvent passer par plusieurs stades différents dans leur développement et évoluer en de nombreuses formes au cours d'un même cycle de vie. Bien plus, ce courant de pensée soutient que les composants de la cellule peuvent former des micro-organismes indépendants, et que de nombreuses formes décrites classiquement ne sont que l'expression figée de la mutabilité d'une seule espèce.

 

La conception de Tissot :

1°/ Pléomorphisme de la matière vivante.

La matière vivante est modelable, façonnable et possède à un haut degré des propriétés d'adaptation et d'évolution.

 2°/ Nature MYCO-BACTÉRIENNE des êtres vivants.

Il existe une source originelle de toutes les espèces bactériennes mycéliennes et virales. Selon TISSOT, la matière vivante est constituée de deux organites élémentaires:

- 1) L'ORGANITE MICROCOCCIQUE MOBILE (0,2 à 0,8 mu)

Ou organite colibacillaire pour les mammifères. 

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- Il est doué d'un pouvoir fermentatif 

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- C'est l'agent des actions chimiques du sang (fibrin-ferment du sang)

Cet organite réalise les actions chimiques nécessaires à l'entretien de la vie et des fonctions de la matière vivante constituée par l'organite haltère.

Le fibrin-ferment (serozyma du plasma) est de nature bactérienne. Il pullule dans le sang des vertébrés et y remplit la fonction bactérienne fermentative, que l'on rencontre chez tous les êtres vivants.

C'est le "MICROZYMA" de BECHAMP.

Les "colibacilles" du sang (ou fibrin-ferment) pénètrent dans le cytoplasme des cellules glandulaires qu'ils traversent, pour sortir dans les liquides secrétés ou excrété: salive, sucs digestifs, urines, lait, sperme ...) dont ils constituent les éléments fermentatifs.

Les leucocytes sont les masses germinatives de la culture colibacillaire qui végète activement dans le sang des animaux.

Toutes les diastases sont la forme microscopique de l'élément bactérien. Ce sont, en d'autres termes, des ferments figurés dont l'élément actif est de nature bactérienne. Ce ne sont pas des ferments solubles.

 - 2) L'ORGANITE HALTERE IMMOBILE

Constructeur des tissus et des cellules des organismes vivants.

Les organismes haltères constituent les "réseaux cytoplasmiques et nucléaires de la cellule. Ils sont assemblés par leur boules. Ils constituent la trame de la matière vivante dans les deux règnes"

 

3°/ Polymorphisme de la matière vivante:

- 1) Une forme bactérienne peut se transformer en plusieurs autres. Ses propriétés biologiques se modifient par évolution ou dégénération.

- 2) Les propriétés biologiques de l'organite constructeur haltère (immobile) peuvent également changer, par dégénération (tuberculose / cancer).

 Ainsi:

     - Cancer, tuberculose, lèpre sont causés par la déviation de l'organite haltère constructeur des tissus.

     - Les maladies "colibacillaires" (infectieuses) comme l'érysipèle, phlegmons, abcès, ostéomyélite, phlébite, leucémie, tétanos, gangrène ... sont causés par une déviation de la forme micro-coccique du colibacille-souche organique en la forme bacillaire correspondant au terrain, strepto... staphylo... pneumo... coques.

 

 

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Dernière modification : 28 mai 2003